Archives - Concours des écoliers 2008

Le deuxième prix va à Albert Lanctôt.

Albert a 9 ans. Il vient de terminer sa 3e année à l’école Notre-Dame des Érables. Il est l’élève de madame Line Tremblay.

Pays des Cueilleurs-de-Ballons, le 25 août 2008

À mon cher papa,
Je suis en plein vol et j’en profite pour te raconter mon voyage extraordinaire au pays des Cueilleurs-de-Ballons.
J’ai vu des ballons volants merveilleux, ils étaient en forme de cœur, de carré et même de losange. Les ballons étaient remplis de fruits comme des pêches, des melons, des pains et même des galettes. Dans ce pays, ça sentait très bon.
Les gens récoltaient des ballons en montant sur des échasses, souvent les gens se disputaient pour avoir un ballon, c’était très drôle. Et quelques fois, ils prenaient des cannes à pêche et des filets pour les attraper.
En les regardant, je me suis demandé si on pouvait percer les ballons. Alors j’en ai percé un, il a commencé à tourbillonner pour ensuite bousculer les gens qui tombaient alors de leurs échasses. C’était marrant.
À la fin de la journée, je me vantais d’avoir cueilli plus de fruits que tous. Les gens étaient furieux contre moi. Ils ont dit que le lendemain il y aurait une autre compétition : celui qui ramasse le plus de fruits.
Le lendemain, la compétition a commencé. À la fin, on a compté les fruits. Comme d’habitude, j’avais encore gagné. Mais j’ai presque perdu car j’avais juste un ballon de plus que le meilleur. Et j’ai gagné… une paire d’échasses.
À la fin de la journée, j’ai dit aurevoir à tous mes amis et à tous les gens. Après, je suis monté sur le toit d’une maison, j’ai pris mes échasses et j’ai sauté sur un ballon. J’ai dit aurevoir et je me suis envolé chez moi.
Je dois maintenant arrêter d’écrire ; le vent est trop fort et un nuage me cache la vue. Salut ! J’arrive bientôt.

Albert

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3e prix décerné à François-Charles Hébert de l’école Notre-Dame du Rosaire de Sherbrooke.

 

Cher Pako,

Je t’invite à venir me rejoindre dans un monde fabuleux. Je tiens à cette invitation parce que depuis longtemps tu es parti dans un autre monde. Je n’ai pas pu te dire adieu et je pense à toi tout le temps. À chaque fois que je vais dans ce monde, je t’attends en espérant que tu viennes me voir.
Mon monde est presque parfait avec le bruit des rivières qui coulent sur des roches. Le cri des oiseaux est merveilleux. Comme toi, mon Pako. Le vent qui souffle dans les arbres me rappelle les beaux moments passés avec toi. Le paysage autour de moi est fantastique, cet endroit me permet de me vider les esprits. Ce monde est toujours calme et rien ne pourra le détruire. Ce monde n’est pas encore parfait puisque je ne suis pas totalement heureux. N’importe quel chien pourrait venir me voir, mais ce ne sera jamais pareil, parce que tu n’es pas comme les autres. Voilà pourquoi je tiens tant à cette invitation. Mais la principale raison, c’est que tu as changé ma vie et j’aimerais te revoir.
Mon monde, je pensais le nommer de ton nom en ton honneur. À toi de me répondre en venant me voir. Il ne manque qu’une chose pour que tout soit parfait, il ne manque que ta présence…

Au revoir Pako,

François-Charles

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Un prix est remis à Marc-André Desruisseaux de l’école Notre-Dame du Rosaire de Sherbrooke. Marc-André est l’élève de madame Chantal Bonneville.

 

21 juin 2208

Bonjour chers parents,
Je vais bien. J’ai traversé les six portes qui mènent au Royaume de Futura. Je me suis rendu à la septième ; il n’y avait rien. Pas de monstres. Pas de pièges. Rien.
Quand j’ai ouvert la porte, il n’y avait que du vide ou si vous préférez que du noir. J’ai senti l’air pollué. Je n’ai rien entendu, sauf mon cœur qui battait plus vite. Sur mes lèvres, j’ai goûté le gaz carbonique.
À l’instant où j’ai repris conscience, je me suis rendu compte que c’était la fin du monde et que j’étais seul au monde. Alors j’ai fait demi-tour et j’ai couru, couru……..mais je me suis épuisé. J’ai dû me reposer durant quelques minutes, car ça m’avait pris trois ans pour me rendre. Alors j’ai été voir le phénix que j’avais assommé avec le bâton du géant. Je lui ai accroché ce message à la jambe.
Si vous lisez ce message, rappelez-vous que le 29 juin 2208, ce sera la fin. Je vous aime et je vous souhaite bonne chance.

Marc-André

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Un prix est remis à Frédérique Taschereau de Eastman.

 

28 avril 2008

Cher Roger,
Imagine-toi donc que je t’écris d’un pays imaginaire. En fait, c’est moi-même qui l’ai inventé. Continue de lire ma lettre, tu comprendras mieux après, ou peut-être que tu ne comprendras rien du tout, peu importe.
J’étais en train de dessiner un pays, un pays de rêve ou personne ne pouvait venir me déranger. Malheureusement, ou plutôt heureusement (puisque j,ai pu découvrir ce pays extraordinaire) ma stupide sœur est entrée dans ma chambre en criant : « Freeeeeeeeeeeeeeeeeed ! Il y a une araignée dans la douche ! » Alors j’ai fait le saut, j’ai perdu l’équilibre et crois-le ou non, je suis tombée dans ma feuille de papier où était dessiné mon pays. J’ai fait une chute libre d’à peu près 400 mètres pour enfin atterrir dans une grosse guimauve. Quand je me suis relevée, j’ai vu un paysage pareil à celui que j’avais dessiné.
Il y avait des champignons aussi gros que des arbres, une immense étendue d’eau et une chute non pas d’eau mais de crème glacée. J’ai aussi vu quelques villageois qui étaient comme des dessins animés et qui n’avaient pas plus de deux ans, mais qui avaient l’intelligence d’un adulte de trente ans.
J’ai justement fait la connaissance de trois d’entre eux. Pouète-Pouète, qui ne se promène jamais sans son chien Ti-Pouèle. Charlotte, toujours un café à la main. Et Charlo, le frère de Charlotte qui, contrairement à elle, n’a pas une très grande intelligence.
Ici, tout est paisible et tranquille, mis à part peut-être les nombreuses mouettes qui laissent tomber leurs excréments sur la tête des habitants, mais chaque chose ici trouve son côté amusant. Bien sûr, je ne dis pas que c’est amusant de recevoir des cadeaux blancs et visqueux sortant de l’arrière-train d’une mouette, mais quand elles ne sont pas en train de faire leurs besoins, les mouettes sont très gentilles et sociables (et oui, elles parlent !). C’est pourquoi je veux que tu viennes me rejoindre. Pas pour recevoir des besoins de mouettes sur la tête, mais pour te faire découvrir toutes les beautés de ce pays.
Au plaisir de te voir. À bientôt peut-être…

 

Frédérique
P.S. Le dessin de mon pays est sur mon lit dans ma chambre. Tu n’as qu’à plonger dedans pour me rejoindre…

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Un prix est remis à Charles Tanguay de Austin.

 

Le 23 mars 1996

Salut JC !
Je t’écris pour te raconter une partie de mon voyage où dans les arbres on cueille des ballons rouges, bleus, verts, mauves, et même multicolores.
Ici guerre et violence ne sont pas choses connues. C’est un pays magnifique où volent les cerfs-volants tout près de la plage. Ici ce ne sont que des plages à perte de vue. Bien sûr, les plages sont garnies de ballons de plage, les cours sont habitées par des ballons de basket, et les terrains de soccer, je te laisse deviner…
Au début de l’année, les gens sèment des petits Jelly Belly pour ensuite faire grandir un ballonnier. Bizarre comme nom, hein ! J’ai oublié de te dire qu’ici c’est toujours l’été, mais comme partout ailleurs les ballons n’ont pas une vie illimitée. Pour que ces ballons puissent vivre chacun leur tour, après deux semaines ils se dégonflent un après l’autre. Mais quand ils se dégonflent, ils s’envolent comme des feuilles mortes et ils gardent leurs magnifiques couleurs et ils se décomposent dans le vent.
Ici la pollution n’existe pas, mais les dingos oui ! J’en ai même vu un qui tentait d’engloutir un ballon. Le vent s’est levé… et je ne l’ai plus revu. Je voulais aussi te dire que là-bas on fait tout avec les ballons, comme nous avec les pommes. J’ai eu la chance de goûter à du bon jus de ballon, de la tarte de ballons, de la compote de ballons et même… et même de la marmelade de ballons. Mais attention, il faut savoir les cuisiner si on ne veut pas finir comme ces dingos.
Je voudrais continuer à t’écrire, mais je suis invité à la cueillette des ballons. Ce sera une belle expérience.

Écris-moi bientôt. Bye !

Charles

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Un prix est remis à Nicolas Arseneault de l’école secondaire Du Phare de Sherbrooke. Nicolas est un élève de secondaire 5 de madame Stéphanie Dussault.

 

Dimanche, le 8 août 1624

Chère Cassiopée,
Je suis prisonnier du temps. On m’a capturé, ligoté, emmailloté au temps. Avant de tout te raconter, tu dois savoir que ce n’est pas le temps que l’on compte en journées, mais le temps que nous prions pour les récoltes.
Je disais donc que, vendredi soir dernier, pendant que je dormais à tes côtés, un étrange frisson m’a parcouru l’échine. Un frisson glacial. Pourtant, il avait fait chaud depuis une semaine. Je me suis levé pour aller voir le temps dehors. J’ai vu un étrange bonhomme. Il était court sur pattes, le teint bleu assez prononcé, des cheveux grisous presque blancs. Comme une couronne sur son crâne. Il a marmonné quelques mots et un éclair a jailli de ses mains. J’étais pris.
Adieu petite ferme. Un nain bleu m’a enfermé dans une pièce. Ici, le plafond est trop haut pour qu’on puisse y toucher; le plancher est introuvable parce qu’il y a un brouillard constant qui flotte au-dessus. Très étrange. Ma prison comporte six murs. Le premier mur comporte une porte qui ne s’ouvre que de l’extérieur, le deuxième une fenêtre sur la région de Beaujolais et les quatre autres murs ont chacun un robinet avec un dessin à côté. Lorsque j’ai voulu en ouvrir un pour prendre de l’eau, rien n’est sorti. Je mourais de soif au bout de quelques temps. J’ai essayé les autres, mais aucun ne fonctionnait. C’est alors que j’ai eu l’idée de les laisser ouverts pour faire monter l’eau.
En attendant, j’ai regardé pas la fenêtre. Horreur ! Tu sais que la région n’est pas si grande, mais il s’y mélangeait tornades, canicule, pluies diluviennes et même un petit blizzard. Je pleurais pour toi. J’avais si peur de te perdre. Et puis, comme l’eau ne venait pas, j’ai fermé les robinets. Tout d’un coup, plus rien. Plus de tornade, plus de pluie, plus de soleil, rien. C’est alors que j’ai compris : je contrôlais le temps ! Comment diable était-ce cela possible ?!? Peu importe.
Je me suis mis alors à te donner le meilleur des temps pour les récoltes et les meilleures conditions pour l’élevage. J’avoue que j’ai un peu triché et que le vent a soufflé très fort sur nos principaux concurrents au marché de Paris pour la vente de bétail. Je dirais que quelques bêtes ont disparu de la carte.
Je suis prêt à tout pour toi. Je ne sais pas combien de temps je serai prisonnier de ce nuage. Les murs peuvent bien avoir les couleurs de l’arc-en-ciel, ce n’est pas cela qui me redonnera le sourire. Juste tes yeux le peuvent. Tout me semble si fade quand tu es loin.

Je t’aime.
Ton mari Clément

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Le jury accorde un prix à Océane Clermont, une élève de l’école Montcalm de Sherbrooke. Océane étudie en création littéraire avec l’enseignante Lynda Dion.

 

Pays des cueilleurs-de-ballons
Été 2008

Mon Amélie,
Ce matin, je suis tombée de mes échasses. Sur le sol rocailleux et poussiéreux. Mon genou droit s’est écorché. Je me suis rappelée quand nous étions petites. Lorsque je pleurais, tu m’embrassais les deux joues rougeâtres. Et puis tu effaçais mon ruisseau limpide de tristesse. Je ne pensais plus alors à mon bobo, si futile soit-il.
Ma chère sœur, j’aimerais tant que tu voies le ciel regorgeant de couleurs. Mon sourire se reflète dans le ciel ocre. Oublie tout. Il n’ya que ce corps aux jambes d’échasses. Ces mains vagabondes cherchant un ruban de velours. Dans le ciel bleuté. Vois-tu, j’ai quelquefois égaré mes pensées insomniaques. Sur le flanc d’une montagne. Ma tête vide de sens s’épanouie. Semble vouloir rejoindre la galaxie.
Ici, au Pays des cueilleurs-de-ballons, tu ne sens plus tes pieds. Je te le jure, je ne fais que flotter sur mes jambes de bois. Chaque soir, il y a ces ballons grossiers dans le ciel rosé. Je les dévisage avant de retrouver mon édredon de coton. Puis, la nuit, les ballons éclatent et provoquent une complainte pastel d’arc-en-ciel. Le matin, je m’égaye à retrouver leurs infimes particules dans les champs bouleversés de fleurs. Je côtoie les astres aussi. Parce que sur mes échasses, je peux presque effleurer le bout du ciel.
Tu te souviens, on s’allongeait dans l’herbe grasse et on entamait nos bavardages inquiets au sujet du ciel. Tu me demandais, tes yeux ravagés de doutes « Où finit-il, tu crois ? » Je te répondais : « Au bout de notre doigt le plus long. » À présent, tu pourrais venir avec moi. Bredouiller des chansons dédiées aux planètes. Je suis sûre qu’elles t’entendraient, tu sais.
Grande sœur, viens, on va cueillir des ballons empotés. Et rire en trottinant… Je t’attends.

Affectueusement,

 

Ta petite sœur, Océane
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Pour son talent d’écriture Le jury accorde une mention spéciale à Sabrina Bourgeois. Élève de secondaire 5, Sabrina fréquente l’école Montcalm de Sherbrooke et elle est l’élève de madame Lynda Dion, enseignante en création littéraire.

17 mars 08

Ne me pardonne pas Guillaume,
12 : 23     J’ai le goût de la fuite partout dans ma bouche. L’abrupte au fond de la gorge. J’entends mon expiration se calibrer dans ce gouffre et bang ma respiration sur les murs. T’aimerais ça, non? Jouer avec mon sang, le toucher, le goûter, l’effleurer pour te croire vivant.      Tu préfères la chair ?       Moi, aussi, j’ai mes envies, mes pensées : « T’écrire pourvu que ce soit toi qui meures. »  T’en penses quoi ?   J’t’ le demande, mais dans le fond je m’en fous. Je suis loin maintenant. Je fais ce que je veux du temps. Je l’embrasse, le broie et le fous au recyclage pour le lendemain de quelqu’un d’autre. Je suis écologiste dans mon genre. Égoïste aussi. Tu ne m’effleureras pas.  Jamais. Je suis ailleurs, maintenant. Tu ne me retrouveras pas dans mes draps.
13 : 14   Je sais qu’ici, le temps est un bordel et j’y prends mon plaisir. C’est fou comme tout a sa couleur, son goût si précis. Sa texture que peu remarquent.         
13 : 28    Je me remémore qu’hier j’étais au marché et j’ai ri. J’ai été surprise, mais j’ai apprécié ce bruit rauque.        Différent du factice.      Il était bizarre, pas comme avant. Quand, toi aussi, t’étais là. Un jour, je vais renouveler l’expérience et je vais me sentir gâtée.   Heureuse.   Pour de vrai.    Sans toi.    Ne t’en fais pas, Guillaume, je sais que tu m’aimes. Moi aussi, je t’aime                 je ne sais pas, je ne sais plus.      Ça ne veut plus rien dire.     Car, ici, maintenant, peu importe où je suis, je suis chez moi.
                                             

Au revoir papa,

 

Nathalie