Archives - Concours des écoliers 2006

Quelque 200 écoliers de la région participent au Concours des écoles mené en collaboration avec des enseignants de français du 2e cycle primaire et du secondaire. La présidente du concours, madame Denise Neveu, a suggéré des pistes d'écriture fort appréciées en lien avec le thème des Correspondances 2006. Les écoliers du primaire se sont inspirés de la chanson Le P'tit bonheur de Félix Leclerc alors que les élèves du secondaire ont plutôt réfléchi au sens du bonheur dans la chanson de Michel Rivard, Maudit bonheur. La chanteuse Véronique Claveau, finaliste de Star Académie en 2005, a interprété ces deux airs en présence des gagnants et de centaines de personnes lors de la cérémonie de clôture des Correspondances. Cette activité, tout comme les autres activités jeunesse, est parrainée par la Caisse populaire Desjardins du Lac-Memphrémagog.

Merci à tous les organismes et partenaires qui ont offert les prix aux gagnants : Archambault, Cinéma Magog, Éditions Hurtubise HMH.



Gagnants
Élizabeth Marois, 5e année, Val de Grâce (Eastman)
Marie-Ève Laprise, 6e année, Val de Grâce (Eastman)
Valérie Grandbois, 5e secondaire, La Ruche (Magog)
Yannick Longpré, 5e secondaire, La Ruche (Magog)

Mentions
Magalie Lépine, 6e année, Val de Grâce (Eastman)
Alexandre Lapalme, 4e secondaire, La Ruche, pav. La Relance (Magog)



Cher p’tit bonheur,

Si je te trouve au bord d’un fossé, je te prendrai dans mes bras pour te consoler. Dès que tu seras sur pied, je t’emmènerai chez moi et t’offrirai une tasse de thé. J’essuierai les larmes qui coulent sur ton nez jusqu’à ce que tu arrêtes de pleurer.
On ira jouer dehors. On fera du trois-roues, on jouera à cache-cache dans le grenier de la grange où il y a des balles de foin. Et on ira glisser sur les arcs-en-ciel qui remplissent le ciel. On montera dans les plus grands arbres jusqu’au sommet pour qu’on puisse toucher aux nuages. On fera de la bicyclette et tu t’assoiras sur mon guidon. On volera dans le ciel avec les oiseaux. Toi et moi ferons des nuits blanches à la belle étoile. Et je suis sûre qu’à la fin de toutes ces fantastiques choses, tu deviendras un gigantesque bonheur.


Élizabeth Marois
Gagnante primaire, 5e année, école du Val–de-Grâce



Salut p’tit bonheur,
Que fais-tu là dans mon chapeau plein de trous ? Attention ! Tu risquerais de tomber et de te faire mal. Viens ! Viens dans ma poche et on partira ensemble vers l’infini. Pour commencer, allons voir les fleurs dans le jardin, nous irons leur remonter le moral. Ensuite, les tomates. Elles aussi ont besoin de nous pour devenir rouges et succulentes. Alors, tu es prêt pour l’aventure ? Allons-y ! On ne sait pas, peut-être qu’après notre promenade, les jours seront plus magiques, comme deux amoureux. Allez ! Allez ! Partons vite ! Oh ! non ! Un papillon s’est fait casser une aile par une branche. Pourquoi ne pas y aller ? Nous allons lui réparer son aile et ensuite je suis sûre qu’il pardonnera à la branche. Après tout, tous les insectes, tous les animaux et tous les êtres vivants ont un cœur.
Pour continuer, une vielle dame est venue me voir et m’a dit : « Bonjour toi ! Y paraît que tu as trouvé le bonheur ? Alors, à quoi ressemble-t-il ? » Moi, je lui ai répondu : « Il est beau, gentil et, en plus, il est tout doux. » Je l’ai sorti de ma poche pour lui montrer et, soudain, la vieille dame m’enleva mon bonheur. Elle m’avait enlevé mon meilleur ami !
Ce jour-là, je suis devenue triste. J’ai marché, marché, et soudain, dans un fossé tout près de moi, j’ai entendu : « Aidez-moi ! Aidez-moi ! Je suis pris ! » Je suis allée voir et c’était toi, mon bonheur chéri : « Je t’ai retrouvé ! » Alors je t’ai ramassé et tout s’est remis à bien aller, car je n’avais pas retrouvé juste le bonheur, mais mon meilleur ami.


Marie-Ève Laprise
Gagnante primaire 6e année, école du Val-de-Grâce



Bonheur, bonheur,
Pour qui existes-tu ?
Nuit, jour et soir,
Par ma fenêtre, j'ai pu te voir :

Une dame qui chaque jour
S'assoyait sur un banc
Et nourrissait ces oiseaux qu'elle aimait tant
Inlassablement, toujours.

Un garçonnet
Qui chaque printemps
Avec son chien se promenait
Beau temps, mauvais temps.

Un homme et une femme, deux amants
Qui chaque semaine s'attablaient au restaurant.
Ils s'aimeront éternellement
À la folie, passionnément.

Bonheur, bonheur,
Comme tu es éphémère,
Redoutable, sanguinaire !

J'ai cru que c'était vrai
Une illusion presque parfaite…
Je ne suis pas prophète
Mais le bonheur qui perdure n'existera jamais.

La dame aux oiseaux n'est plus.
Décédée, elle est partie comme elle est venue.

Le jeune garçon ne vient plus,
Car son chien, il a perdu

L'amour entre les tourtereaux est disparu
Car d'étincelles, il n'y avait plus.

Nuit, jour et soir,
Par ma fenêtre, j'ai pu voir
Que bonheur rimera toujours avec malheur.


Valérie Grandbois
Gagnante 5e secondaire, école de la Ruche



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Cher facteur,
Je vous prie de vous rendre à cette destination…
J’envoie donc cette lettre à quatre murs en bois rond ! À un toit en charpente, à mon chalet qui n’a même pas de boîte aux lettres.
Vous la laisserez sur le perron, la lettre. Bien sûr, il vous faut trouver mon refuge, quelque part dans les hauts bois de l’Abitibi. Plus précisément, à Rémigny. Il vous faudra marcher, car une voiture n’y passe pas. D’ailleurs, rien n’y passe. Laissez votre radio chez vous, votre montre n’est d’aucune utilité. Pour moi, un des bonheurs de la vie, c’est d’aller à cet endroit paisible où j’entends les feuilles se froisser et même le plus timide des oiseaux. Vous la laisserez sur le balcon, cette lettre, car celui qui la trouvera et la lira s’y trouvera. Celui qui la trouvera saura de quoi je parle. Je risque fort d’être celui-là. Si, bien sûr, vous réussissez à trouver cette destination…
Si oui, je vous donne la permission d’y entrer, vous le méritez. La clé est cachée à l’extrémité de la troisième poutre à droite à partir de la porte, elle est bien cachée. Si vous trouvez mon petit coin de paradis, je vous donne le droit de l’explorer, de connaître son confort, sa sécurité et la chaleur de son poêle à bois. Cependant, si vous y êtes en été, je vous déconseille le poêle, il ferait un peu trop chaud dans la cabane. Je ne sais pas s’il y a quelque chose à faire à part des casse-tête de cinq cents pièces, cadeaux de ma grand-mère qui habite à Rémigny; elle en avait trop ! C’est sûrement le seul endroit où j’éprouve la nécessité de ne rien faire. La dernière fois que j’ai franchi la porte, c’était une brève visite. J’étais avec mon frère aîné et mon vieux chien Bear. Je suis sûr que ce dernier a reconnu l’endroit, comment l’oublier ? J’ai l’impression d’avoir laissé une partie de moi là-bas. Quand j’y retourne, je me rappelle des vieux souvenirs paisibles et heureux. C’est en quelque sorte mon patrimoine à moi ! Assis sur le balcon pour seulement un bref moment qui fut trop court, on regardait les arbres, les pins, les chênes, le héron qui était sur le barrage des castors. Dans la petite vallée, on a entendu un orignal à plusieurs reprises. C’était plaisant, on aurait dit un petit mâle solitaire qui cherchait de la compagnie, mais pas des humains… Dommage !
Donc, vous la laisserez sur le balcon, cette lettre. Vous savez que ce campement en bois rond a un balcon. Je vous dis aussi qu’il est au pied d‘une petite falaise. Si vous avez faim, il y a des bleuets en quantité et quelques pommiers. S’il reste des pommes, bien sûr, car les orignaux sont très gourmands dans le coin. Je ne demande rien au bonheur, c’est à moi de le retrouver ! J’espère que vous aussi vous y parviendrez… Bonne chance, bonne randonnée, bon bonheur, cher facteur !

Gens Delapatrie
p.s :VIVE L’ABITIBI !

Yannick Longpré
Gagnant 5e secondaire, école de la Ruche




Cher P’tit bonheur,
Depuis que je t’ai rencontré, accroché à une branche au-dessus d’un fossé, et que je t’ai tendu la main pour te sauver, moi qui te croyais perdu à jamais, j’ai retrouvé mon sourire. Merci. Tu m’as fait prendre conscience que je ne devais pas abandonner chaque fois qu’un obstacle se présentait.
Tu as l’air heureux mais, parfois, lorsque je te regarde et que tu ne le sais pas, je vois tes yeux remplis de larmes. Quelquefois, tu te caches derrière tes lunettes de soleil pour pleurer et ça me fend le cœur de te voir ainsi. Pourquoi es-tu malheureux ? T’aurais-je blessé sans le vouloir ? Je t’en prie, ne pleure plus. Plus les journées passent et plus je me torture l’esprit de questions.
Mon cher p’tit bonheur, t’ai-je dit un jour : qu’est-ce qui ne va pas ? Suis-je en cause de ta douleur ? Je sais qu’il t’arrive de pleurer, je t’ai vu tellement de fois les yeux embués de larmes, alors n’affirme pas le contraire ! Tu m’avais affirmé que je n’étais pas la cause de ta douleur.
Ce n’est que plus tard, alors que tu n’en pouvais plus, que tu m’as confié ta peine. Tu savais que tu pouvais me faire confiance. Tu es venu me voir et tu m’as simplement dit : « Mon cœur est en pleurs. » Puis tu m’as tout raconté. On t’avait abandonné en refusant de te donner une seconde chance. La personne que tu aimais le plus t’avait laissé tomber dans le fossé d’où je t’avais sorti.
Je t’ai offert mon épaule où tu as laissé couler tes larmes. Mon p’tit bonheur, je t’ai écrit un poème, mais je n’ai pas eu la chance de te le donner, car tu es parti à la recherche de celle qui continuait de faire battre ton cœur. Le voici :

Tu peux te laisser aller
Tu peux pleurer
Tu peux espérer
Mais n’oublie pas
Ta vie n’est pas finie
Elle vient seulement de commencer.

Je pensais à toi et aussi à mon père en l’écrivant. Je te le donne en espérant que tu l’aimeras.
Il m’arrive de scruter les fossés au cas où tu serais tombé dedans encore une fois. Je suis heureuse de t’avoir rencontré. Au revoir, p’tit bonheur !
Avec toute mon amitié,
Bisous,
Magalie xxx
p.s. Écris-moi vite, j’ai hâte d’avoir de tes nouvelles !!!


Magalie Lépine
Mention primaire, 6e année, école du Val-de-Grâce




LE BONHEUR


Le bonheur
Arrive toujours à la bonne heure
Synonyme d’honneur
Le donneur, le sens de son cœur
De son cœur à son âme
En amour, le bonheur est une femme
La tragédie s’abat comme un drame
Dans ce cas, le bonheur est une arme
Vie pathétique
Remplie de moments mélodramatiques
Plein d’artifices
Le bonheur, lui, n’est pas synthétique
Dans ton cœur, fais un orifice
Sinon c’est signe que la joie t’horrifie
Le noir arrive vite
Gare à toi ou évite
Souvent le mal nous invite
Mais on doit être fort
Le bonheur n’arrive pas sans effort
Le bonheur ! Ah, le bonheur !
Un simple mot
Qui agit simplement
Je l’implore
Pour qu’en moi, il explose
Tu exploses, toi aussi, dans ma prose
Si j’ai tort
J’suis accro et le bonheur est ma dose

Alexandre Lapalme
Mention 4e secondaire, école de la Ruche, pavillon de la Relance