Programme Poste restante Concours des écoliers
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Les jeunes gagnants, en présence
de Mathieu Lippé et de Francine Ruel.
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Plus de 80 écoliers du 3e
cycle du primaire de l’école du Val-de-Grâce d’Eastman et de Ste
Anne-de-la-Rochelle ont participé cette année à notre concours de
lettres intitulé : « La tirelire à souvenirs ». Après avoir rencontré l’écrivain
eastmanois pour la jeunesse, Daniel Laverdure, nous leur avons proposé
de l’aider à inventer de nouvelles histoires en lui racontant une des
leurs dans une lettre qu’ils lui adresseraient personnellement.
La
demande était naturellement un peu plus complexe pour leurs aînés du
secondaire. Nous leur avons en effet suggéré de se projeter dans 40 ans
d’ici et d’écrire une lettre à leurs enfants et petits-enfants pour
leur livrer quelques souvenirs de leur vie en cette fin du 20e siècle, début du 21e sous le titre : « La première fois où… ».
Voici les lettres primées :
Gagnants
Morgane Miller, 6e année, école du Val-de-Grâce (Eastman)
Amélie Taschereau, 6e année, école du Val-de-Grâce (Eastman)
Frédéric Giasson, 6e année, école du Val-de-Grâce (Eastman)
Noémie Blouin, 6e année, école Notre Dame des Érables (Ste-Anne-de-la-Rochelle)
Mathieu Réhel, 2e secondaire, école L'Odyssée (Valcourt)
Jean-François Poulin, 2e secondaire, école L'Odyssée (Valcourt)
Samuel Champigny, 2e secondaire, école L'Odyssée (Valcourt)
Emmanuelle Vincent Racicot, 5e secondaire, école La Ruche (Magog)
Samuel Morin, 4e secondaire, école La Ruche, pavillon de la Relance (Magog)
Frédérik Viscogliosi, 4e secondaire, école La Ruche, pavillon de la Relance (Magog)
Bonjour Daniel,
Je
prends quelques minutes pour te faire part d’un souvenir. C’était
l’été, mes parents et moi venions de nous installer à Eastman, depuis
une semaine. Il faisait nuit, enfin il était au moins neuf heures. Je
m’ennuyais, alors je demandai à mon père si je pouvais aller voir le
ruisseau. Quelques minutes plus tard, je mis mon polar, et partis
m’asseoir dans le foin au bord du ruisseau. Il y avait plein de
lucioles qui volaient au-dessus du ruisseau. Des patineuses glissaient
sur l’eau. Je les regardais, mes yeux étaient éblouis dans cette nuit
d’été enchantée. C’était tellement beau, j’en avais les larmes aux
yeux. Je pris donc ma petite flûte cubaine, et je me mis à imiter le
bruit de l’eau quand, tout à coup, je vis une petite salamandre rouge
sur les rochers. Je posai ma main sur la roche où se trouvait la
salamandre et posai celle-ci sur le foin. Quelques secondes plus tard,
une sorte d’oiseau que je n’avais jamais vu se mit à imiter les
hirondelles qui chantaient. Des petits papillons attirés par la lumière
des lucioles se mirent à voltiger autour du ruisseau. Et moi, je jouais
de mon petit instrument de bois à trous. En imitant le bruit du vent
dans mes oreilles, quelques minutes plus tard un magnifique papillon
vient me voir. Il était bleu, un beau bleu vortex. Je me levai et
regardai à l’horizon, mon père m’appelait… Je partis chez moi, laissant
derrière mon orchestre de la nature.
Morgane Miller
Gagnante primaire, 6e année, école du Val–de-Grâce
Cher Daniel,
Sais-tu
quoi ? J’ai appris quelque chose grâce à une perruche ! Tout a commencé
au Noël de mes 10 ans. J’ai eu une perruche de mes parents. En fait,
ils m’ont donné un dépliant sur les perruches en disant que c’était mon
cadeau. Sur le coup, je n’ai pas fait le lien que j’allais avoir une
perruche. J’ai fait une drôle de face et timidement, j’ai demandé :
« heu… c’est ça mon cadeau ? » Ils m’ont répondu qu’on irait la
chercher demain. Ouf ! Mon cadeau, ce n’était pas le dépliant, mais
une des perruches qu’il y avait dessus !
J’ai
choisi une perruche mâle, bleue et toute mignonne ! Quand j’ai essayé
de la dresser, elle était complètement folle. Bon, c’est vrai que je
n’ai pas vraiment aidé son cas en échappant sa cage par terre alors
qu’elle, non… lui, était encore dedans. Quand la cage est tombée, tous
les morceaux se sont détachés. Je pense que ça a créé un trouble dans
son cerveau, ce qui l’a rendu autant stupide. Un jour, alors qu’on
repeignait le salon, j’ai dû monter Brad dans ma chambre pour ne pas
qu’il crève (plutôt sensibles, les perruches !). Donc le soir, quand je
suis allée me coucher, j’ai vu dans la cage de Brad une perruche sans
vie, plus d’âme, en d’autres mots, carrément morte.
Quelques
jours plus tard, je suis allée l’enterrer dans ma cour. Je lui ai fait
un beau cercueil en boîte de souliers. Je me suis excusée devant son
cadavre une dizaine de fois. Bon, elle n’a pas été super fine avec moi,
mais c’est une perruche et moi, une humaine. C’est donc moi qui aurais
dû entretenir un contact plus fort que celui du riz que je lui donnais
à chaque matin. En plus, j’ai appris (et c’est ce que je vous ai dit au
début), grâce à cette petite expérience, que les perruches bleues sont
plus stupides que les jaunes.
Maintenant,
j’ai un furet qui, soit dit en passant, m’a coûté 600 $. Au début, il
était fou mais, maintenant, il est super gentil !! (peut-être pas
super, mais quand même gentil). Maki sushi est supposé vivre 15 ans.
Et, parole d'Amélie Taschereau, IL VIVRA 15 ANS !!!
Sur ce, au revoir Daniel !
Amélie
P.S. : J’ai écrit cette lettre le 23 mars 2007. C’est aujourd’hui le 4 avril 2007. Mon furet est tombé malade le 1er
avril et il est mort d’une crise d’hypoglycémie. Je lui ai fait un beau
cercueil en boîte de souliers et on ira l’enterrer demain.
Amélie Taschereau
Gagnante primaire 6e année, école du Val-de-Grâce
Bonjour Daniel, tu voulais un souvenir eh bien, en voici un !
C’était
approximativement en l’an 2000. J’étais tout petit, j’avais peut-être 5
ans et j’avais un ami plus vieux que moi. J’enfourche ma bicyclette et
je pars à l’aventure. Je passe devant une maison, deux maisons, puis
une troisième et devant cette troisième, je m’arrête. Je voulais
traverser la rue, mais je ne pouvais pas. Une voiture noire à huit
cylindres et 269 chevaux passait devant moi. Alors c’est là que j’ai vu
mon ami qui jouait au basket. Tout en vitesse, je traverse la rue ! Il
me dit : « Aimerais-tu aller sur la lune ? » Bien sûr, lui
répondis-je. « Alors là, c’est parfait parce que j’ai une navette
spatiale qui va venir me chercher pour aller dans mon château spatial.
Si tu veux, je t’emmènerai. » Je dis merci à mon ami et je cours jusque
chez moi. Je montre sept doigts à mon père qui arrosait les plantes. Je
lui dis que,
Une
semaine plus tard, alors que j’étais couché, j’entendis un bruit, une
roche venait tout juste de s’écraser contre ma fenêtre ! Heureusement,
ma fenêtre a eu le dessus. Je m’approche doucement de la fenêtre. Au
fur et à mesure que je m’avance, j’aperçois une lueur fluorescente qui
scintille à l’extérieur. Alors, j’ouvre la fenêtre et sors à
l’extérieur. Une toute petite pierre pas plus grosse qu’une bille
scintillait sur le sol. Au moment où je m’en empare, j’ai comme eu la
sensation que le sol se dérobait sous mes pieds. J’ai peur, j’ai chaud…
Lorsque je me réveille, je me rends tout de suite à l’évidence ! Je ne
suis plus sur mon terrain, je suis en train de voler. C’est là que
quelqu’un entre dans la pièce, je reconnais mon ami. Je lui lance un
cri ! Hélas, il ne m’entend pas. Une brillante idée me vient à
l’esprit. Je n’ai qu’à faire comme si je nageais dans l’eau. Je
descends de ma cachette et suis Éric, mon ami !
Il
se dirige vers la sortie, il s’engouffre dans un tunnel noir. Lorsque
nous sommes enfin sortis du tunnel, je reste bouche bée, la terre offre
à mes yeux un spectacle magnifique. Je voyais la terre du point de vue
de la lune ! J’étais émerveillé lorsque mon regard réussit enfin à se
dégager de la terre, mais le choc fut bien plus grand car la voûte
céleste était superbe à voir. Aucun nuage de pollution n’obstruait ma
vue. Mes yeux s’emplirent de larmes, mon cœur se gonfla de
fierté. J’avais accompli mon rêve le plus cher. Je décide de faire une
petite sieste et je m’endors sur le champ. Lorsque je me réveille,
j’étais dans mon lit en train de penser à mon séjour sur la lune,
l’astre de la terre !
Frédéric Giasson
Gagnant primaire 6e année, école du Val-de-Grâce
retour
Cher Daniel,
Je
m’appelle Noémie Blouin et je voulais te raconter l’histoire qui est
arrivée à la fête de ma mère l’an passé… La voici : par une belle
journée, ma mère est allée faire son épicerie comme à chaque jeudi
soir. Mais elle ne savait pas qu’on avait fait faire un gâteau en son
nom et qu’on était en train de lui préparer une « surprise ». Les
pâtissiers avaient déjà fait le gâteau et l’avaient mis dans la
vitrine. Ma mère passa par là et le vit. Elle se questionna d’abord
puis repartit.
Pendant
ce temps, mon grand-père qui était parti en Chine est revenu de
voyage. Lorsqu’il a cogné à la porte, nous lui avons ouvert en pensant
que c’était ma mère… et nous lui avons jeté un pot de confettis dessus
en criant : BONNE FETE MAMAN ! Oups ! Le pauvre en avait partout ! Tous
les confettis étaient par terre et ma mère pouvait arriver d’un instant
à l’autre ! On a donc laissé faire les confettis pour aller au salon
trouver une autre idée de surprise que l’on pouvait faire à ma mère.
Mon grand-père se leva d’un coup sec et déclara :
–
EUREKA ! J’ai trouvé ! Je vais me cacher dans une boîte à cadeaux
géante et vous allez m’emballer. Lorsqu’elle ouvrira le paquet, je
bondirai de la boîte et lui ferai la plus grosse peur de sa vie !
Mon
père et moi le regardons avec des yeux aussi ronds que des boutons,
comme pour lui dire : tu regardes trop de films !! Mais mon grand-père
continuait de parler :
– Je pourrais même me déguiser en King-Kong pour lui faire encore plus peur !
– O.K. dit mon père. On va faire ton idée ! Allez, va mettre ton costume !
Nous
avons donc pris une grosse boîte et l’avons emballée. Lorsque ma mère
est arrivée, nous avions eu le temps de finir l’emballage et d’écrire
dessus: À : Nathalie - De : Quelqu’un qui est proche de toi. Elle se
demandait ce que voulait dire « de quelqu’un qui est proche de toi ».
Elle ouvre son cadeau et mon grand-père bondit de la boîte en criant :
SURPRISE !!
Ma
mère fit un saut de deux mètres du sol puis se sauva en courant. Elle a
eu vraiment peur !! Mon père la rattrapa et lui expliqua toute notre
histoire. Elle se mit à rire et rentra retrouver mon grand-père pour
lui souhaiter la bienvenue. Tout est bien qui finit bien ! Mon
grand-père était fier de son coup.
Noémie Blouin
Gagnante primaire 6e année, école Notre Dame des Érables
Cher fils,
Je t’écris cette lettre pour partager avec toi un majestueux souvenir…
C’était
à l’école, j’étais en secondaire 2. La plus merveilleuse des années du
secondaire que j’ai vécue. Tout commença par un affreux matin orageux,
la pluie tombait de plus en plus fort, et cela sans arrêt ! Jusqu'au
moment le plus inattendu où je vis cette fille. Je me sentis envahi à
la fois par la joie et le désespoir. Cette jeune fille était si
délicate et si tendre que je n’ai pu m’abstenir de la fixer quelque
temps. C’est comme si mon cœur allait exploser d’une minute à l’autre.
Elle était provocante et incroyablement belle. Cette fille éveillait en
moi une sensation inqualifiable. En prenant soin d’être discret, je me
dirigeai à mon casier.
Plusieurs
merveilleux jours passèrent. Un matin, j’étais décidé d’en parler à
quelqu’un. Je n’en pouvais plus. J’étais amoureux et l’inquiétude
régnait. Je voulais tout savoir d’elle. Finalement, je découvris que
cette fille incomparable était en secondaire 4. J’ai aussi découvert
son tendre nom. Je préférais ne pas lui en parler car je ne me sentais
pas assez mature pour cette fille et je ne savais pas comment elle
pourrait réagir. C’était comme un rêve, un rêve inimaginable. Les
nuits, je n’arrivais pas à dormir. C’était plaisant de toujours penser
à elle, mais j’étais triste. Triste parce qu’elle ne le savait pas.
À
la fin de cette désespérante année, je ne la revis plus jusqu’à ce
qu’on se retrouve dans le même village. Elle avait 24 ans et elle était
célibataire. J’avais 21 ans et j’étais célibataire moi aussi. Peu à
peu, nous nous sommes parlé et j’ai appris à connaître cette merveille
pour mon cœur. Après nous sommes devenus amis et nous avons même
emménagé ensemble !
Et c’est là, qu’un merveilleux cadeau est apparu… C’est toi, Liam!
Ton père qui t’aime
Mathieu Réhel
Gagnant 2e secondaire, École L’Odyssée
14 juin 2047, Dubaï
Cher Gabriel,
Je
suis présentement en voyage à Dubaï, je m’ennuie beaucoup de toi, mon
fils. Je serai de retour vers la fin d’août. La ville est surprenante à
tous les points de vue. Les buildings colorés sont beaucoup plus joyeux
que ceux de Montréal ! La circulation y est aussi dense, et la chaleur
accablante nous tient tête jour après jour.
Une
fois, j’ai été pris dans un bouchon de circulation qui a duré plus de
deux heures. J’ai donc eu le temps de penser à beaucoup de souvenirs et
j’ai eu envie d’en partager un avec toi. J’ai repensé à la première
fois où j’ai conduit l’auto de mon père… J’avais environ 15 ans, pas
tout à fait en âge de conduire. Nous étions en route vers un petit
village de campagne, sur un petit chemin de terre. Mon père a appuyé
sur le frein pour faire arrêter la vieille Cadillac argentée. Il m’a
alors dit : Jean-François, c’est aujourd’hui que tu conduis ! J’étais
tout simplement bouche bée. Papa m’a expliqué quelques consignes et
j’ai pris le volant. Nous avons doucement roulé jusqu’au bout du chemin.
C’est
un moment que je n’oublierai jamais. Lors de mon retour au Québec, si
tu le veux bien, je t’amènerai sur ce chemin et je serai heureux de
t’initier au plaisir de la conduite automobile.
Bye ! Bye !
Papa qui t’aime beaucoup
Jean-François Poulin
Gagnant 2e secondaire, École L’Odyssée
Racine 14 juin 2047
Cher fils,
Je t’écris pour te raconter la première fois où j’ai fait un saut en parachute et le bonheur que j’y ai vécu.
Lorsque
tu embarques dans l’avion, tu as le trac, tu es nerveux et tu
t’imagines toutes sortes de scénarios. Tu t’imagines un long vol, un
petit vol, la sensation du vent sur ton corps et le plaisir de la
liberté.
Lorsque
vient le temps de sauter, la sensation est encore plus plaisante que
celle que tu as imaginée. Personne ne peut t’atteindre, ne peut te
toucher. Tu es libre, tu te sens puissant.
Tu
ouvres ton parachute. Une fois ton parachute déployé, tu te sens comme
un oiseau. Tu te déplaces à gauche et à droite, tu contrôles tous tes
mouvements pour faire le meilleur atterrissage possible, mais n’arrête
pas de savourer ce moment de liberté et de pouvoir. Tu peux voir la
beauté du paysage qui se rapproche de plus en plus. Tu vois enfin le
sol, là où tu vas poser les pieds.
Lors
de mon atterrissage, j’ai senti un choc, et ce choc mit fin à mon
bonheur : je me suis cassé la jambe. J’ai peut-être manqué mon
atterrissage, mais il y a quand même un point positif avec cette
blessure : je pouvais me rappeler le bonheur que j’ai vécu et ce qui y
a mis fin.
Je te souhaite absolument d’essayer le saut en parachute et de vivre le même bonheur que le mien.
Très affectueusement,
Ton père
Samuel Champigny
Gagnant 2e secondaire, École L’Odyssée
Tu
sais, ma chérie, Grand-maman n’a pas toujours été une grand-maman. Il y
a fort longtemps, j’étais une enfant, pleine de vie et de sourires,
presque aussi mignonne que toi ! Je chassais la baleine, armée d’une
branche, d’un lacet et d’un clou en guise d’hameçon. Je rêvais,
j’imaginais les plus belles histoires, couchée sur la colline à
regarder les nuages. Je ne vivais que pour rire et aimer, et je le
faisais très bien.
Par
contre, la première fois où j’ai su que je n’étais plus une enfant, ce
fut un choc. J’étais là, devant ma branche, incapable de voir une
baleine. Je regardais les nuages et ne voyais plus que des morceaux de
ouate accrochés dans le bleu. Mais le pire, dans tout ça, c’est que
pour un moment, j’avais oublié de rire et d’aimer. C’est pourquoi je
t’écris aujourd’hui, mon amour.
Tu
es haute comme trois bananes et, déjà, tu n’as plus le goût de sentir
l’herbe entre tes orteils. N’aie pas peur de salir tes menottes dans la
boue, ni tes petits petons d’ailleurs. Un enfant sans terre autour des
ongles d’orteil doit être un enfant bien triste… N’aie pas peur, jolie,
de manger du gâteau à ta fête ! C’est toi la plus belle et tu n’as pas
le droit de te priver de la huitième merveille du monde : le gâteau au
chocolat ! Entre dans l’adolescence, ma cocotte, mais je te supplie de
garder ton cœur d’enfant.
Les
années ont passé, j’ai rencontré ton grand-papa et la vie nous a donné
ta mère. Je me suis surprise à regarder, en passant près d’un trou
d’eau, s’il n’y avait pas de baleine. Tu sais quoi ? Derrière une
roche toute petite, il y en avait une. Elle était rosée avec un grand
chapeau à fleurs. Je me suis baissée pour l’écouter et elle m’a dit de
te donner ce cadeau : une branche, un lacet et un clou.
Elle s’ennuie, allez, va la rejoindre !
Emmanuelle Vincent Racicot
Gagnante 5e secondaire, École La Ruche
À mes chers petits-enfants que j’aime tant !
Il
y a quarante ans, je suis allé à la pêche où j’ai pêché un beau saumon.
Il y a quarante ans, j’étais jeune et je m’amusais dans la neige.
Aujourd’hui, vous ne connaissez pas du tout cette neige. Il y a
quarante ans, j’ai pleuré mon premier amour, mais aujourd’hui, je suis
heureux. Il y a quarante ans, j’ai quitté le nid familial, et c’est là
que j’ai volé de mes propres ailes. Il y a quarante ans, je
m’inquiétais de la survie de la planète, aujourd’hui, c’est peine
perdue.
Il
y a quarante ans, j’ai fait une découverte sensationnelle, je vous en
reparlerai dans dix ans. Il y a quarante ans, j’ai rencontré une
personne très inspirante, une personne qui m’a fait vivre, qui m’a fait
croire en moi, qui m’aimait, qui m’aime et qui m’aimera. Cette personne
est aujourd’hui votre grand-mère.
Il
y a quarante ans, je rêvais. Aujourd’hui, je me suis levé et demain,
j’agirai. J’ai pris ma vie en main. Avec quarante ans de plus, je rêve
encore au temps où j’avais 17 ans, c’était les plus belles années de ma
vie. Il y a quarante ans, j’ai pris une décision très importante, c’est
pour cela que j’insiste pour que vous finissiez votre secondaire ! Vous
devez aller loin dans votre vie.
Il
y a quarante ans, j’ai entrevu la personne que je deviendrais dans
quarante ans. Et sur cela, je vous dis : Profitez de la vie, mes chers
trésors.
Samuel Morin
Gagnant 4e secondaire, École La Ruche, pavillon de la Relance
Tommy
La
première fois où je suis allé en voyage, j’étais si bien que j’étais
comme sur un nuage. J’ai connu l’amitié, j’ai connu l’Amour, ensuite,
j’ai été suivi par des petits pieds. C’étaient ceux de ma
progéniture. C’est ainsi que j’ai fondé mon futur. Ensuite, Dieu a
voulu que je perde un être cher : mon fils, mort d’une crise
cardiaque !
C’est
à ce moment-là, mon fils, que je me suis attaché à un objet de ton
appartenance, un objet de ton enfance. Une petite auto de course banale
pour certains, mais spéciale pour moi. Si je dis ce que je pense, c’est
pour te raconter ce qu’il y a de vrai dans ce monde. Tu es né poussière
et tu reviendras poussière. Ces mots se trouvent sur ta pierre tombale.
Aujourd’hui, j’ai réussi quelque chose d’important à mes yeux. Ça fait
vingt ans que tu es mort et j’écris. Cette lettre me fait oublier la
peine de ne plus te voir, mais me rappelle les bons souvenirs qu’on a
vécus ensemble. Aujourd’hui, ta mère et moi faisons notre deuil parce
qu’on se dit que : où que tu sois, tu seras toujours dans notre
cœur. Il n’y aura que du bonheur dans notre vie parce qu’elle ne tient
qu’à un fil. Ce fil peut être gros comme un cheveu, mais il peut être
solide comme l’acier. Il suffit de bien le tresser.
Frédérik Viscogliosi
Gagnant 4e secondaire, École La Ruche, pavillon de la Relance
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