Archives - Photos 2006

Voici quelques clichés témoignant de l'ambiance des lieux d'écriture et d'autres soulignant la présence de quelques têtes d'affiche de l'événement 2006.

Archives - Concours des écoliers 2006

Quelque 200 écoliers de la région participent au Concours des écoles mené en collaboration avec des enseignants de français du 2e cycle primaire et du secondaire. La présidente du concours, madame Denise Neveu, a suggéré des pistes d'écriture fort appréciées en lien avec le thème des Correspondances 2006. Les écoliers du primaire se sont inspirés de la chanson Le P'tit bonheur de Félix Leclerc alors que les élèves du secondaire ont plutôt réfléchi au sens du bonheur dans la chanson de Michel Rivard, Maudit bonheur. La chanteuse Véronique Claveau, finaliste de Star Académie en 2005, a interprété ces deux airs en présence des gagnants et de centaines de personnes lors de la cérémonie de clôture des Correspondances. Cette activité, tout comme les autres activités jeunesse, est parrainée par la Caisse populaire Desjardins du Lac-Memphrémagog.

Merci à tous les organismes et partenaires qui ont offert les prix aux gagnants : Archambault, Cinéma Magog, Éditions Hurtubise HMH.

Archives - Poste restante 2006

Cette année, 122 personnes ont soumis une lettre au Concours de la Poste restante. Lors de la cérémonie de clôture des Correspondances, mesdames Franine Ruel et Nicole Fontaine ont fait la lecture des lettres primées.

Gagnantes
Linda Roy, Montréal
Louise Bolduc, Boisbriand
Mélanie Barrière, Granby
Chantal Couture, Longueuil




Hé ? Ho ? Je viens aux nouvelles puisque, par grands bouts, vous semblez m’avoir oublié parmi tous vos amoncellements de vieux couple. (Vingt-cinq ans que ça dure entre toi, qui n’en as pas encore cinquante, et lui, qui les a tout juste.) Mettons les choses au clair tout de suite : loin de moi l’idée de prétendre que vous ne frayez jamais avec le bonheur… euh avec moi. De temps à autre, vous me partagez en petits et grands quartiers comme si j’étais une belle grosse orange qui « déjute » pour emprunter un des mots d’enfant si poétiques de votre fille devenue femme. Avec vos amis, vos êtres chers, c’est plus facile de me faire une place.
Mais entre vous ? La plupart du temps je suis largué ! Vous me donnez l’impression de ne plus savoir m’épeler, encore moins me ramasser à la pelle. Que s’est-il passé au juste ? Pourtant il fut un temps où nous nous léchions sous toutes nos coutures, où vous dessiniez mes contours sur vos chutes de reins ou toi sur ses lèvres, lui de ton sein jusqu’à ton ventre; nous nous embrassions à bouche que veux-tu. Je me repaissais du cristal de vos rires; tantôt vous parliez, parliez, parliez, tantôt vous vous taisiez. C’était un bel équilibre, de ceux qui donnent le goût de crier « je suis heureux », « je suis heureuse » sur tous les toits !
Hé ? Ho ? Je vais vous dire ce que je pense de tout ça : tous les trois on dort au gaz depuis trop longtemps - et au prix où il est en ce moment, que diriez-vous de miser sur une autre source d’énergie, hein ? Une renouvelable, de préférence. (J’suis un bonheur écolo.) Non, sans blague, vous n’avez pas fait 25 ans ensemble pour m’abandonner tout en pleurs sur le bord d’un fossé ?! Vous ne m’en voudrez pas trop si je prends les devants pour vous botter le derrière : eh bien tiens ! si ça peut vous remettre en selle. Et comptez-vous chanceux que je ne porte pas de souliers à bouts pointus.
Digression en finale : jamais vu de libellule comme celle qui vient d’aimanter mon regard; ce que j’suis content d’être heureux comme ça !


Le bonheur


Linda Roy
de Montréal





À toi, Alexandra la brune,
À toi, jeune femme éperdue qui me cherche, moi, l’humble bonheur, posté au détour de toutes les routes,
À toi qui me guette à la lucarne de ton grenier déjà si encombré,

Je suis ici, belle Alexandra, au milieu du silence qui plane entre les hautes herbes d’une campagne oubliée. Je n’attends que toi pour libérer mon parfum quand tu te pencheras vers la fleur qui chuchote ton nom en s’ouvrant. Tu pourras m’entendre alors résonner sans bruit au milieu de la tourmente.
Ne regarde pas par là, je suis ici ! Dans les yeux de ceux qui sont là et qui t’aiment… Dans la couleur d’un regard.
Arrête-toi. Dépose-toi. Je t’assure, prends ton temps. Qu’y a-t-il de si urgent ? Tu n’ignores pas sans doute que je ferme ma porte aux gens pressés.
Le plaisir même m’est étranger. Celui-là, l’exalté, qui ne fait que meubler mon absence et disperser mon écho au loin.
Ne désespère pas, je te ferai signe. Encore et encore. Je ne cesserai de parsemer des fleurs, ici et là, sur tes pas. Je frôlerai ton visage et ton cou, porté par le vent doux du mois d’août. Je me poserai au coin des sourires et je t’enverrai la main du haut des arbres. Et même lorsqu’il fera nuit, il te suffira pour m’apercevoir d’avancer à la fenêtre de ta chambre et de regarder les étoiles. J’apparaîtrai, perché sur tes cils, ou caché au creux de ton poignet.
N’hésite pas à me débusquer là où il n’y a rien à voir, rien à faire ou rien à dire. Je suis là, dans ce rien.
Enfin, n’oublie pas de les engranger, tous ces beaux moments glanés ici et là au fil du quotidien. Dépose-les dans une caisse très populaire s’il le faut. Et quand tu croiras m’avoir enfin perdu pour de bon, tu pourras aller y puiser ces instants de purs délices qui, tels de fines dentelles de joie, s’accrocheront aux fenêtres de ta maison.

Je m’ennuie de toi, Alexandra la brune. Il y a une chambre d’amis ici qui t’attend. Tu peux y venir quand tu voudras.

Le bonheur, tout simplement…


Louise Bolduc
de Boisbriand





Cher monsieur « Dick » Robert,

Je vous écris pour vous faire part d’une fâcheuse erreur qui s’est glissée entre vos pages où je suis incorrectement décrite et définie depuis déjà trop longtemps. Pour cause, on se questionne inlassablement à mon sujet, à savoir qui je suis, où je suis, d’où je viens, où je vais : « Dis donc, l’ami(e), c’est quoi pour toi le bonheur ? »
Malgré la rigidité de votre couverture cartonnée, j’ose espérer que la souplesse de vos pages et de votre esprit linguistique permettra d’apporter ces corrections nécessaires à une meilleure compréhension de qui je suis.
En fait, l’erreur est grammaticale et syntaxique. Le bonheur masculin singulier, n’est pas. Je suis une bonne-heure, un mot composé et féminin, plus souvent rencontré au pluriel : De bonnes-heures, les bonnes-heures. Celles qui s’accumulent, s’additionnent et se collectionnent au fil de la vie.
Ainsi, plus on vieillit, plus la bonne-heure s’allonge et s’additionne au souvenir des autres bonnes-heures, emplissant ainsi des malles-d’heures.
Je suis souvent une « erre-heure », une surprise, un imprévu qui ne se planifie guère. La bonne-heure arrive n’importe où sans avertir, sans rendez-vous. Il s’agit de choisir et d’utiliser le bon leurre pour l’attraper.
La bonne-heure est parfois bonne-peur, bon-beurre, ou bon-cœur, mes collègues synonymes.
Je vous remercie, monsieur Robert, de mettre les pendules à la bonne-heure avant que le mal-heure s’installe pour de bon.

Linguistiquement vôtre,

Madame Bonne-Heure


Mélanie Barrière
de Granby





Cher vieux complice,

Si je me permets de vous écrire une première lettre, c’est que votre départ m’a bouleversée. J’en étais venue moi aussi à croire en votre éternité. Pendant vos 93 années de vie, pas un seul instant vous n’avez cessé ce m’espérer, de me poursuivre, de me traquer. Dès que vous aviez enfin la certitude de ma présence à vos côtés, je disparaissais aussitôt pour que vous redoubliez d’efforts à me retrouver. J’avoue que ce jeu de cache-cache m’amusait. Vous étiez le plus fidèle, le plus fervent, le plus intense de mes poursuivants. Pourtant, j’étais là à vos côtés, cachée dans l’ombre, lors de vos années de captivité. Votre courage, votre force de vie m’ont épatée. Lors de votre aventure de chercheur d’or, j’ai dormi avec vous dans le grand nord. Votre enthousiasme m’a enchantée. Et comme peintre, vous m’avez éblouie. J’étais là à chacun de vos coups de pinceau. Vous savez quoi, mon cher Jean ? Il y a un peu de notre complicité dans chacun de vos tableaux. Et comme amoureux, il n’y avait pas plus fou que vous. Vous vous souvenez de cette traversée de l’Atlantique pour un rendez-vous galant ? Comment ne pas m’ennuyer de vous ?
Cette fois, c’est moi qui pars à votre recherche. J’ai décidé de traverser dans l’au-delà. Vous me trouverez aux portes de l’invisible. Nous ferons la route ensemble, vous me tiendrez la main car toute cette nouveauté m’effraie un peu. Si je connais bien le goût sucré du lait maternel, la lumière rosée des levers de soleil, la douceur des gestes de tendresse, l’enchantement des premiers baisers, le pétillement du verre de champagne, les éclats de rire des enfants, le miroitement des vaguelettes sur l’eau, le contentement du devoir accompli, l’ivresse du dépassement, l’abandon des amants, j’ignore tout de ce qu’il y a après la vie. Vous me guiderez, mon bon ami, et vous pourrez enfin croire en mon existence. Attendez-moi, j’arrive.

À bientôt, je l’espère !

Le bonheur qui vous aime.


Chantal Couture
de Longueuil
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Archives - Programme 2006

logo-Corr-libellule.jpgDu 3 au 6 août 2006
ET POURQUOI PAS
LE BONHEUR !

JACQUES ALLARD, ANNE-MARIE AUBIN, JEAN-FRANÇOIS BEAUCHEMIN, NADINE BISMUTH, FERNAND BELLEHUMEUR, ROXANNE BOUCHARD, SERGE BOUCHARD, ROBERT BLONDIN, GINETTE BUREAU, SOPHIE CADIEUX, ALAIN CREVIER, PIERRETTE DENAULT, CAMILLE DESLAURIERS, DANIELLE DUBÉ, ERIC DUPONT, JACQUES DUFRESNE, PIERRETTE FLEUTIAUX, NICOLE FONTAINE, RENÉ FRÉGNI, CYRIL GAILLARD, MICHEL GARNEAU, GÉRALD GAUDET, ANDRÉ GERVAIS, GUY JEAN, MARIE LABERGE, ANDRÉ LACHANCE, ROBERT LALONDE, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, MONIQUE LARUE, GENEVIÈVE LETARTE, MATHIEU LIPPÉ, GUY MARCHAMPS, HÉLÈNE MERCIER, PIERRE MONETTE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, STANLEY PÉAN, JEAN PICHETTE, CLAUDE POISSANT, MARIE HÉLÈNE POITRAS, LOUISE PORTAL, SUZANNE POULIOT, BERNARD POZIER, ANDRÉ RICARD, FRANCINE RUEL, ANTOINE SIROIS, MARIE-JOSÉ THÉRIAULT, PIERRE THIBEAULT, SOPHIE VAJDA, CLAIRE VARIN, BENOIT VERMEULEN, PAULINE VINCENT, ALAIN WAGNEUR, NATHALIE WATTEYNE.
Et pourquoi pas le bonheur !
Étendu au milieu des marguerites et des abeilles, un garçon trace chaque lettre avec application, la langue sortie. Il écrit à sa grand-mère, qui vit à Québec. Une dame aux cheveux blancs, assise sur un banc, rédige une lettre à son défunt mari, tout en écoutant le chant des oiseaux. Non loin de là, un homme et une femme s’engagent dans une correspondance passionnée : « Mon cher amour », écrit-elle… « Ma bien-aimée », répondra-t-il… Puis, il y a Marius, le facteur, qui attend sagement leurs précieuses missives. Et si c’était ça, aussi, le bonheur ?

Les Correspondances d’Eastman sont de retour, et ce, pour une quatrième année consécutive! Du 3 au 6 août, Eastman se fera belle pour accueillir épistoliers, écrivains et penseurs. Tous seront réunis sous le thème du bonheur, cet état de grâce auquel nous aspirons tous. Au programme : cafés littéraires, lectures-spectacles et ateliers d’écriture, sans oublier le désormais Circuit des lettres auquel s’ajoute La route des livres, une activité de lecture pour les épistoliers en quête d’inspiration. Enfin, cette année, Les Correspondances font une place toute spéciale aux jeunes : ateliers d’écriture et de création, concours des écoles et journées thématiques pour camps de jour.

Archives - Présentation 2006

Trois jours de bonheur. Et pourquoi pas !
Le petit village d’Eastman n’a pas à rougir d’accueillir un festival original, riche de manifestations littéraires ludiques et instructives. Au lendemain de l’événement, les échos qui nous parviennent de tous bords sont en effet très positifs et Les Correspondances seront sans doute au rendez-vous en 2007 pour célébrer, sous le thème de la mémoire, cinq ans de rencontres et de plaisir autour du livre et des écrivains. Les dates retenues sont du 2 au 6 août 2007.

L’engagement de plusieurs partenaires, et en premier chef, d’une centaine de bénévoles - majoritairement des Eastmanois et Eastmanoises - constitue l’une des clés fondamentales de la réussite d’une telle entreprise. L’encouragement concret de ces derniers, des écrivains, artistes, enseignants, membres de comité, commerçants du village et commanditaires, nous aura donc permis d’offrir une manifestation pratiquement sans failles.

Sous un ciel clément, 3 500 personnes ont été chaleureusement accueillies. De ce nombre, 761 personnes ont profité de la belle température pour écrire une lettre dans les lieux d’écriture mis à leur disposition. Le plein d’émotion s’est déchargé sur plus de 2 534 personnes qui recevront une missive inspirée par Les Correspondances et le bonheur qui y avait élu domicile sans trop de peine. Si les épistoliers nous ont visité d’aussi loin que de l’Abitibi, Philadelphie (!) et les Îles de la-Madeleine, les lettres, elles, ont parcouru encore plus de chemin. Cette année encore, elles ont trouvées refuge dans une trentaine de pays, dont l'Algérie, le Burkina Fasso, la Chine, la Finlande et le Mexique.

Les concours d’écriture épistolaire
Comme le dit si bien l’écrivaine et porte-parole des Correspondances, Francine Ruel, aux personnes qui suivent ses ateliers d’écriture : « Écrire c’est réécrire, réécrire, réécrire… » Ceux et celles qui sont tentés par l’exercice de recherche de style et de forme, ont la chance d’explorer ce genre littéraire qui est sans doute le premier par lequel on peut s’approprier la littérature : l’écriture épistolaire. Des ateliers d’écriture sont inscrits au programme des Correspondances et deux grands concours sont organisés.


Le Concours des écoles est mené en collaboration avec des enseignants de la région qui, au primaire et au secondaire, s’inspirent des pistes proposées par une animatrice et écrivaine associée aux Correspondances, Madame Denise Neveu, pour motiver leurs élèves dans l’écriture d’une lettre qui sera peut-être récompensée.

Le second concours est ouvert à tous les épistoliers du vendredi et du samedi. Un lieu désigné est mis à leur disposition, ainsi que des dictionnaires et tout le confort nécessaire à la préparation de leur texte. Depuis la première année des Correspondances en 2003, le Concours de la Poste restante récompense les meilleurs textes selon l’opinion d’un jury constitué d’écrivains et de passionnés de littérature.

Cette année, les textes gagnants des élèves ont été présentés en même temps que ceux de la Poste restante en présence de près de 400 personnes réunies à l'église du village pour la cérémonie de clôture de l'événement.